Discord icon

Épisode 3 : La loi et l'ordre

Une porte qui s’ouvre à l’étage. Le bruit de deux pieds qui se traînent sur le palier. Une chose lourde et sans énergie qui descend l’escalier au ralenti. Twilight soupira. Elle leva les yeux de son livre et les porta vers l’entrée du salon.

Max, le regard encore dans le vague, approchait d’une démarche de zombie. Aussitôt fut-il entré dans la pièce qu’il se laissa tomber dans le sofa. Il pressa ses mains contre ses tempes en grommelant.

– Tu sais, pour quelqu’un qui se plaint d’avoir tout le temps mal à la tête, tu ne fais pas grand-chose pour améliorer ton état, fit la ponette d’un ton savant.

– Qu’est-ce que tu insinues ? répondit le bipède en posa la tête sur l’accoudoir.

– Je veux dire que les dix chopes de cidre que tu t’es enfilées hier soir chez Applejack ne t’ont sans doute pas aidé à aller mieux.

– Dix, vraiment ?

– Je les ai comptées.

Le bipède soupira. Il lâcha ses tempes et tendit les bras au plafond pour s’étirer.

– Tu aurais mieux fait de faire comme moi. Ça t’aurait un peu décoincée.

– Comment ça ?!

La ponette se leva d’un bond, piquée au vif. Dans un flash de lumière, elle se téléporta devant lui.

– Je n’ai pas besoin de jouer les ivrognes pour me décoincer, moi, le gronda-t-elle. Et d’ailleurs, je ne suis pas coincée. Dis, tu m’écoutes ?

Mais Max ne l’écoutait pas. Il s’était immobilisé en plein milieu de son étirement, les yeux rivés au plafond. Il semblait avoir reçu une illumination. D’un bond, il se redressa.

– Bon sang, mais c’est ça ! J’ai trouvé !

– Trouvé quoi ?

Max se plia en deux et vint presser son nez à quelques centimètres de son museau.

– Tu te souviens comment je suis arrivé ici ?

Twilight fronça les sourcils.

– Personne ne s’en souvient, fit-elle remarquer.

– Mais non, pas comment je suis arrivé ici, mais comment je suis arrivé ici !

La ponette n’avait pas l’air de comprendre.

– Dans quel état j’étais quand on m’a trouvé ? continua-t-il.

– Tu étais couché par terre, au milieu du chemin.

– La veille, j’étais ivre mort. C’est ça qui m’a envoyé ici ! Et si ça marche dans un sens, alors ça marche forcément aussi dans l’autre !

Il se redressa et se mit à faire les cent pas autour du sofa. Twilight se passa la patte sur le front.

– Tu veux dire que c’est en étant ivre que tu es passé d’un monde à l’autre ?

– Exactement ! Et c’est comme ça que je rentrerai chez moi !

– Je n’en suis pas si sûre. Ce n’était certainement pas la première fois que tu te mettais dans un état pareil, je suppose ? fit-elle en plissant les yeux.

– Peut-être pas, avoua Max sans cesser de marcher.

– Et jusque-là, ça ne t’avait jamais envoyé dans un autre monde, n’est-ce pas ?

– Il devait y avoir quelque chose de spécial ce jour-là. La pleine lune, ou un truc dans le genre.

Twilight se rassit, lasse. Ça l’aurait étonnée que ce soit aussi simple.

– Bon, admettons, fit-elle d’un ton posé. Et qu’est-ce que tu comptes faire ?

– C’est évident ! Je vais à nouveau me bourrer la gueule, et ça me renverra chez moi !

– Donc tu comptes t’enfiler un demi-tonneau de cidre en espérant que ça te renvoie dans ton monde, comme par miracle ?

Max s’arrêta et se prit le menton dans la main, l’air pensif.

– Non, le cidre, ce n’est pas assez fort. Il faut quelque chose de plus costaud.

Avant que Twilight n’ait pu ajouter un mot, il fila vers la cuisine. La ponette le suivit, redoutant un désastre. Quand elle le rejoignit, il était occupé à ouvrir tous les placards.

– Tu aurais de la Leffe, par hasard ? C’est ça que j’avais bu le soir où je suis arrivé.

– Je ne sais pas ce que c’est mais, si c’est de l’alcool, alors non, je n’en ai pas. Et de toute façon, je ne vais pas te laisser te saouler maintenant. Il n’est même pas encore dix heures !

– Mais non, c'est pas pour maintenant, répondit Max sans cesser de fouiller. Si je veux que ça marche, alors il faut que je me mette dans les mêmes conditions que ce soir-là.

– C’est-à-dire ?

– C’est-à-dire qu’il faut que ce soit à la même heure, en buvant la même chose. Histoire de mettre les toutes les chances de mon côté, tu vois ?

Twilight voyait, et elle ne savait pas quoi répondre. La boisson faisait parfois faire aux poneys des choses très inattendues, mais jamais elle n’avait entendu dire qu’être ivre eut un jour pu servir de moyen de transport interdimentionnel, quelles que soient l’heure ou les phases de la Lune.

Sans attendre l’avis de la ponette, Maxime reprit sa fouille dans les placards de la cuisine et du garde-manger, en vain. Contrarié, il posa sa main sur son menton et se mit à faire les cent pas autour de la table, plongé en pleine réflexion. Comme s’il venait d’avoir une idée, il fila dehors.

– Je peux savoir où tu vas ? lança Twilight, mécontente.

– J'en ai pas pour longtemps ! fit-il en claquant la porte.

 

 

Max n’avait jamais vraiment fait attention aux boutiques et aux magasins de la ville. En général, quand il avait besoin de quelque chose, il demandait à Twilight ou à Spike, ou alors il fouillait dans les placards du château jusqu’à ce qu’il le trouve. Mais ce dont il allait avoir besoin aujourd’hui ne se trouvait pas dans l’arbre de cristal, il en était à peu près certain.

Le bipède remontait la rue principale de la ville, plié en deux pour observer les vitrines et les étals des magasins, sans se soucier des poneys qui étaient forcés de s’écarter sur son chemin. Au bout de la rue, il trouva une boutique qui avait l’air de vendre des boissons. Des bouteilles de toutes les tailles étaient alignées dans la vitrine.

Alors qu’il observait l’intérieur à travers la vitre, la porte s’ouvrit et une ponette mauve avec un dessin de raisin sur le flanc en sortit. Ses sacs de selle étaient remplis de bouteilles. Lorsqu’elle aperçut l’humain penché à deux mètres d’elle, elle eut un hoquet de sursaut. Quand Max reconnut ce qu’il y avait dans ses sacs, un grand sourire se dessina sur son visage. La ponette leva les sourcils, apeurée par cette étrange créature qui la fixait avec un air de psychopathe. Sans un mot, elle repartit aussi vite que ses sacs le lui permettaient, accompagnée d’un bruit de bouteilles s’entrechoquant.

Sans cesser de sourire, Maxime se pencha pour passer la porte du magasin.

 

 

– Comment ça, ma carte d’identité ?!

Le bipède, plié en deux pour ne pas se cogner au plafond, fixait avec effarement le poney au comptoir.

La boutique vendait surtout du vin, mais l’étagère du fond proposait également un assortiment assez honorable de bières de toutes sortes. Aucun des noms inscrits sur les étiquettes ne disait quoi que ce soit à Max, mais cela ne l’avait pas empêché d’en piocher une quinzaine, qu’il était venu déposer d’un air triomphal sur le comptoir, sous le regard médusé du patron.

Ce dernier insistait pourtant pour qu’il lui présente sa carte d’identité ; carte qui se trouvait en ce moment dans son portefeuille, au fond de son sac, quelque part dans le monde humain.

– La vente d’alcool est interdite aux mineurs, expliqua le vendeur d’un ton diplomate. J’ai besoin d’une pièce d’identité pour pouvoir vous vendre ça.

– Mais je n’en ai pas, de carte d’identité !

– Dans ce cas, je ne peux rien vous vendre.

Maxime fit de son mieux pour garder son calme.

– Écoutez, ça fait plus d’une semaine que je suis ici. J’habite au château, avec Twilight Sparkle. Vous m’avez certainement déjà vu, non ?

– Peut-être, mais il me faut quand même une preuve que vous avez l’âge légal pour acheter de l’alcool, répondit le poney en fronçant les sourcils.

– Mais j’ai l’âge légal, ça se voit pas ? Regardez, j’ai même déjà un cheveu blanc !

– Il me faut un papier officiel. Maintenant, je vais vous demander de sortir, s’il vous plaît. Vous dérangez les autres clients.

– Quels autres clients ? Il n’y a que nous deux ! lança Max en pointant le doigt vers les rayons.

– Veuillez sortir, monsieur !

Le bipède toisa le poney d’aussi haut qu’il put malgré la hauteur réduite du plafond, souffla par le nez d’un air méprisant puis sortit en claquant la porte.

 

 

Max grimaça en regardant la file de poneys devant le guichet, dans le hall de l’hôtel de ville. Cela faisait presque un quart d’heure qu’il attendait. La jument au guichet semblait prendre tout son temps pour répondre aux demandes des citoyens venus se frotter au monde opaque et hostile de l'administration municipale.

– C’est pour une carte d’identité, fit le bipède quand ce fut enfin son tour.

– Votre nom ?

L’employée n’avait pas l’air le moins du monde étonnée de voir une créature pareille se présenter devant elle. Elle s’adressait à lui comme à n’importe quel autre administré, avec l’inimitable ton monocorde de ceux qui ont déjà accumulé de nombreuses années d’ancienneté dans la fonction publique.

– Maxime Gillet-Lefèvre, annonça le bipède. Ce serait pour…

La ponette s’était déjà penchée vers une des piles de papiers posées à côté d’elle. Sans se presser, elle déroula une longue liste de noms, qu’elle passa en revue un par un.

– Vous n’êtes pas dans la liste des résidents, fit-elle sans même lever les yeux.

– Je n’en suis pas vraiment un. Il me faudrait un…

– Numéro de registre national ?

– J'en sais rien.

– Il est inscrit sur votre carte d’identité, vous n’avez qu’à regarder.

– Je n’en ai pas, de carte d’identité. C’est pour ça que je suis là.

– Si c’est pour un renouvellement de carte, il faut renvoyer l’ancienne par courrier recommandé, avec une demande écrite.

– C'est pas pour ça. Il me faut juste un…

– Si c’est pour déclarer le vol ou la perte de votre carte, il faut vous présenter au poste de police.

– Mais non ! Je n’en ai pas du tout, de carte ! Il faut que vous m’en fassiez une.

– Pour vous faire enregistrer comme résident, il faut introduire une demande auprès du service population.

– Écoutez, je ne viens pas d’Equestria. Je suis…

– Si vous êtes résident étranger, vous devez ouvrir un dossier auprès de votre ambassade, puis adresser un courrier à…

– Vous allez m’écouter, à la fin ?!

Le bipède venait de frapper avec force sur le comptoir. Ses yeux lançaient des éclairs, cependant la ponette se contenta de lever un sourcil.

– Monsieur, veuillez rester calme et courtois, je vous prie.

– Dites, vous en avez encore pour longtemps ? lança le poney derrière lui dans la file.

– Oh, ça va, hein ! beugla Max en se retournant.

– Qu’est-ce qui se passe, ici ?

Madame le maire venait d’entrer dans le hall, son pompon turquoise fendant la foule. Max se tourna vers elle, les poings sur les hanches.

– Ah, vous voilà, vous !

La ponette à la crinière grise leva les yeux vers lui, les lèvres pincées.

– Ah, c’est vous.

– Ouais, c'est ça. Vous savez qui suis je suis, pas vrai ? J’habite au château, avec la princesse Twilight Sparkle. Je n’ai pas de carte d’identité, et il m’en faut une pour… faire certains achats.

– Pour faire une demande de domiciliation, il faut…

– Oh, la barbe !

Max fit volte-face et s’en alla vers la sortie en tapant du pied. Les poneys qui osèrent croiser son regard eurent droit à une grimace de hargne.

 

 

Twilight passa la patte sur son front en soupirant.

– Tu n’as qu’à te faire inscrire comme résident, et puis…

– Je ne veux pas être inscrit comme résident ! Je ne veux pas avoir mon nom dans le registre ! Je veux rentrer chez moi, là où on ne me casse pas les pieds quand je veux acheter à boire !

– D’accord, mais qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ?

– Tu pourrais acheter des bières toi-même, et puis me les refiler.

– Il n’en est pas question ! Je ne veux rien avoir à faire avec tes histoires de beuverie.

– Alors va à la mairie et dis-leur de me filer un papier pour que je puisse le faire moi-même.

– Je ne peux pas faire ça.

– Mais bien sûr que si ! Tu es la princesse, non ? Si c'est toi qui leur dis de le faire, ils seront bien obligés d'obéir !

– Ce n'est pas parce que je suis une princesse que je suis au-dessus des lois !

– Pff…

Max s’en alla faire les cent pas autour du canapé. Au bout de quelques tours, il revint vers Twilight et pointa le doigt vers son museau.

– Tu le fais exprès, hein ? En fait, tu n’as aucune envie que je rentre chez moi.

– Comment peux-tu dire ça ?! Ça fait des jours que je cherche un moyen de t’y renvoyer, chez toi !

– C’est ce que tu dis, mais en attendant je suis toujours là !

La ponette lui tourna le dos et leva le museau, les paupières closes, comme si elle refusait d’en rajouter. Max fourra ses mains dans ses poches et grommela quelque chose d’inaudible. Au bout d’un moment, il se remit en marche et monta l’escalier d’un pas lourd. Twilight l’entendit claquer la porte de sa chambre.

Puisque personne ne voulait l’aider, il allait se débrouiller tout seul. Il savait d’ailleurs exactement ce qu’il allait faire...

 

 

La nuit était tombée depuis plusieurs heures. La porte du château s’ouvrit en grinçant. Maxime passa la tête à l’extérieur et regarda à droite et à gauche. Personne. Dans le silence tout relatif de ses articulations qui craquaient, il se faufila dehors et remonta la rue à pas de loup.

Quand il arriva devant la boutique de boissons, un sourire mauvais se dessina sur son visage. Il se pencha pour regarder par la fenêtre. Tout était noir à l’intérieur. Il examina ensuite la serrure. Avec un nouveau sourire, il sortit l’objet qu’il avait en poche. C’était un morceau de fil de fer, plié en forme de crochet. Il l’introduisit dans la serrure et commença son crochetage.

 

 

De longues minutes s’étaient écoulées. Max avait depuis longtemps perdu son sourire. Il s’acharnait sur la serrure, tournant dans tous les sens son crochet désormais complètement tordu. Exaspéré, il finit par taper sur la clenche. À sa grande surprise, la porte s’ouvrit sans un grincement. Le bipède retrouva immédiatement son sourire. Ce n’était pas si compliqué, finalement.

Une fois à l’intérieur, il sortit de son autre poche une chandelle et une boîte d'allumettes. À la lueur de la bougie, il se dirigea au fond du magasin, face à l’étagère à bières. Les bouteilles alignées sur les planches reflétaient l’éclat doré de la flamme.

– Vous et moi, on va passer une bonne soirée !

Il empoigna la première bouteille, fit sauter la capsule, trinqua dans le vide et porta le goulot à ses lèvres.

 

 

L’étincelle de conscience encore logée au fond de son crâne se réveillait lentement. Sa gorge était sèche comme le Sahara et sa langue aussi pâteuse que du ciment. Où était-il ? Pourquoi s’était-il mis dans un état pareil ?

Des souvenirs commençaient à remonter. La gueule de bois, la ville remplie de poneys, le petit dragon qui parlait… C’était en buvant jusqu’à l’ivresse qu’il rentrerait chez lui. Oui, c'est ce qu’il avait fait. Il devait être revenu dans le vrai monde, à présent. D’ailleurs, ne sentait-il pas autour de lui la froide humidité du fossé dans lequel il s’était effondré ? Ce mal de crâne qui ne le quittait pas n’était-il pas un signe ? Avec un vague sourire, il ouvrit les yeux.

Il était couché sur une surface dure et froide. En face de lui, d'épaisses lignes grises barraient son champ de vision. Ça ressemblait étrangement à des barreaux. De l’autre côté, une forme mauve se dressait dans le vague. Une forme avec d’énormes yeux, qui le regardait en fronçant les sourcils.

« Oh, merde... »

 

 

– J’espère que tu es fier de toi, fit Twilight.

Max ne prit pas la peine de répondre. Il marchait sans regarder devant lui, sur la route qui menait au château. La lumière du jour l’aveuglait et il pressait ses mains sur ses tempes pour contenir au mieux son mal de crâne. Vivement qu’il puisse se recoucher.

– Tu as de la chance que le propriétaire de la boutique ait renoncé à porter plainte, continua la ponette. Sans ça, tu serais encore au poste.

– Mouais, je suppose que tu n’y es pas pour rien, parvint à articuler Max.

Twilight ne répondit pas, cependant un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres.

– J’imagine que ça aide d’être une princesse, parfois, fit-elle avec une pointe de fierté.

Max était trop mal en point pour trouver la réplique amusante. Sans plus rien dire, ils remontèrent la rue en direction de l’arbre.

– Qu’est-ce qu’il a, Maxime ? fit Spike et les voyant traverser le salon.

– Il n’a que ce qu’il mérite, fit Twilight en levant le museau.

Le bipède se cramponna à la rampe de l’escalier et entreprit son ascension. Il lui fallut une bonne minute pour arriver jusqu’à sa chambre. Quand il fut en haut, l’alicorne se pencha vers son assistant.

– Spike, quand il redescendra, sois gentil et prépare-lui un grand café.

– Mais tu as dit qu’il l’avait mérité, non ?

– C’est vrai, mais c’est en faisant des erreurs qu’on apprend.

 

 

De longues heures plus tard, Twilight retrouva le bipède affalé dans le divan. Comme une comédienne s’apprêtant à entrer sur scène, elle passa la patte dans sa crinière, inspira, ferma les yeux une seconde puis, avec avoir raclé son sabot au sol pour faire entendre qu’elle était là, s’avança vers le centre de la pièce. Max, le teint toujours légèrement verdâtre, ouvrit paresseusement les yeux et la regarda déambuler sans rien dire.

– Alors, tu es toujours convaincu que tout ceci n’est pas réel ? fit-elle en le regardant du coin de l’œil, un petit sourire aux lèvres.

– Un peu, mon neveu. Et j’ai bien l’intention de trouver un moyen de retourner dans le vrai monde, répondit le bipède en se vautrant encore un peu plus.

– Alors laisse-moi t’aider, fit la ponette d’un ton sincère. En cherchant bien, on finit toujours par trouver.

Max se retourna et enfonça sa tête dans le creux de l’accoudoir. Avec un dernier sourire, Twilight le laissa et regagna la cuisine. Spike, perché sur le dossier d’une chaise, était occupé à farfouiller dans les placards du haut.

– Dis, Twilight, au fond, pourquoi est-ce qu’on n’a rien d’autre à boire que du jus de fruit ? Tu m’as bien déjà laissé boire du cidre, une fois, alors pourquoi est-ce que je ne pourrais pas goûter un peu de… Ah !

Alors qu’il se penchait pour atteindre le fond de l’armoire, ses pattes glissèrent et il perdit l’équilibre. Twilight activa sa magie juste à temps pour le rattraper. Quand elle l’eut reposé au sol, elle lui tapota la tête.

– La vente et la consommation d’alcool sont interdites aux mineurs.

– Oh, allez ! Maxime a raison, tu es une princesse, maintenant. Tu dois bien pouvoir arranger un peu les choses, non ?

Le regard sévère de son amie lui fit comprendre qu’il valait mieux ne pas insister.

– Bon, d’accord, fit-il en baissant le museau. Mais quand j’aurai l’âge, je pourrai, hein ?

– Le dragons vieillissent bien plus lentement que les poneys, fit remarquer Twilight. Ça risque de prendre encore longtemps.

Spike se renfrogna, mais, quand il aperçut le sourire en coin que lui adressait Twilight, il sourit à son tour.

Dans la pièce voisine, Maxime était à nouveau plongé dans les bras de Morphée.

Licence Creative Commons Ces œuvres sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.