Discord icon

Chapitre IX : L’Ange Gardien.

Pendant ce temps, Fizzlepop à moitié soncsiente se noyait dans l'eau, emportée par le courant de la rivière en bas des chutes. Le phénix arriva pour lui porter secours. Il lui agrippa le bras et la tira vers la rive en volant. Dès qu’elle regagna la rive, elle revint à elle et cracha toute l'eau quelle avait bue par les poumons. Elle toussa jusqu'à ce que ça lui arrache la gorge en se donnant des coups de sabot dans la poitrine.

Elle se traîna jusqu'au pied d'un arbre pour se mettre à l'aise et se débarrasser du bandeau de son œil. Et respira à fond. Plume était à ses côtés et se mit à bruûler pour la réchauffer. Le soleil avait enfin disparu et Fizzlepop caressa doucement ses blessures à l'œil, qui avaient l'air d'avoir arrêté de saigner pour le moment. Ça ne faisait que la piquoter. Elle remarqua sa crinière détachée. Elle avaiet perdu le petit ruban qu’elle lui tenait la crinière. Elle regarda ensuite Plume et lui murmura avec sourire : « Merci. » Le phénix répondit par un faible gémissement. Et Fizzlepop pleura un long moment. « Qu’est-ce ce que j’ai fait ? » se dit-elle à haute voix.

Plus tard, après s’être vidée de ses émotion et avoir bien réfléchi, « Demain, je m'en vais. Je quitte Equestria, sans doute pour toujours. Alors, ne cherche pas à me retrouver. Et ne me demande pas où je vais aller. Parce que moi-même je ne le sais pas...mais je ne t'oublierai pas... promis ! »

Cette nuit-là... Fizzlepop et Plume dormaient ensemble... Et il ne faisait pas froid, au contraire. Ça serait très certainement la dernière fois que Fizzlepop était en bonne compagnie. Plume, lui, était perché sur l'arbre sous lequel elle dormait, tel un ange gardien bienveillant, alors qu'elle ne demandait qu'à vouloir se sentir un peu seule un certain moment, rien de plus. Elle avait déjà fait des nuits à la belle étoile, mais pas seule et sans sac de couchage. Ça l'empêchait de dormir tranquillement. Combien de temps pouvait-elle tenir sans manger ? Ce n'était pas le genre de Fizzlepop de se poser ce genre de question. Mais elle pensait juste accomplir son plan.

Le lendemain, avant l'aube, elle se réveilla avec une pomme entre les sabots. C'était sûrement Plume. Mais dès qu’elle leva la tête vers les branches, il n'était plus là. Depuis ce jour, elle se sentait observée, mais elle ignorait si c'était son phénix qui l'observait en douce, ou son imagination ou s'il avait un poney dans les parages.

Elle prit la route vers Rainbow Falls, la ville la plus proche de son village. Elle y alla à sabot, après avoir mangé la pomme. Plus tard, le soleil était plus haut dans le ciel. Fizzlepop avait pu trouver une route qui l'emmena en ville. À mi-chemin, elle vit au loin une caravane qui s'apprêter à la croiser. Fizzlepop n'avait pas envie qu'on la voit. Elle se méfiait des inconnus. Elle se cacha hors de la route, derrière un pin suffisamment épais. Elle attendait que les passants passent. La caravane passa sans dire un seul mot. Une fois passée, Fizzlepop jeta coup d'œil aux passants pour s'assurer qu'ils continuaient leur chemins sans se douter de quoi que ce soit. C'était le cas mais, parmi cette caravane qui avait l'air de se diriger vers son village maintenant abandonné, elle avait reconnu ses parents. Elle resta derrière le pin et s'assit pendant un moment. Dans sa tête, un diable et un ange étaient en traine de débattre sur les épaules de Fizzlepop.

Finalement, elle continua sa route vers Rainbow Fall. Mais que faisaient ses parents en ville ? pensa-t-elle... qu'était-il arrivé au village ? Est-ce qu'ils allaient le réapprovisionner ? Ou étaient-ils partis chercher leur filles ? Quoi qu'il en soit, à cause de l'avalanche, les habitants avaient dû quitter le village et s'abriter à Rainbow Falls pour la nuit. Il vallait falloir qu'elle utilise ses mauvaises habitudes d'enfance, pensa-t-elle. Une fois arrivée à Rainbow Falls, elle fonça directement à la gare, sans attendre. Lors de son passage, elle revit à plusieurs reprises des citoyens de son village, en faisant en sorte d'éviter d'être vue. Elle avait également remarqué des avis de recherche avec son portrait plus une récompense. Elle arracha ce qu'elle put le long de sa route, en toute discrétion. Une fois à la gare, elle consulta une carte d'Equestria affichée sur une pancarte au beau milieu de la gare.

Elle vit les moyens de sortir : par l'est et l'ouest il n'y avait que des mers ou des océans. Impossible de savoir où ça mènerait. De plus, même s'il y avait un moyen de transport, elle devrait payer à moins d'être un clandestin. Le nord serait difficile, pas seulement à cause des montagnes, mais aussi des routes coupées par la neige. Quant au sud, ce n'était qu'un désert. Les frontières n'avaient pas été posées là, car personne n'y vivait, excepter la ville de Somnambula.

Soudain, son instinct lui dit que quelqu'un entrait dans la gare, alors qu'elle était complètement exposée devant tout le monde. C'était une des familles du village et une petite pouliche qui n'avait pas l'air avoir plus de quelque mois, portée dans un bras de sa mère qui se retrouvait obligée de marcher avec trois pattes. Elle se retourna, effrayée par la peur d'être vue. Il fallait qu'elle se cache. Elle commença par cacher sa silhouette derrière la pancarte. Lorsqu'un groupe de poney passa à côté d'elle, elle décida de les suivre discrètement et de se servir du groupe pour ne pas se faire repérer. Mais le stress d'être trouvée lui faisait craqueler sa corne, alors qu'elle n'était pas encore tirée d'affaire. Et en même temps, l'enfant qui était dans les bras de sa mère se mit à pleurer en répondant à la corne de Fizzlepop. Une fois hors de vue, elle fonça directement aux toilettes, là où elle pensait ne pas être vue. Elle arriva devant un lavabo et ouvrit un robinet sur froid. Elle mit ses sabots en creux pour se mettre de l'eau sur le visage. Ça lui faisait du bien et sa corne s'arrêta. Et pour finir, elle se regarda pour la première fois dans un miroir depuis la grotte. Son visage était devenu hideux. Elle voyait pour la première fois ça corne brisée comme un os et son œil droit à moitié ouvert. Elle n'arrivait pas à l'ouvrir plus, ça lui faisait mal. Et elle revoyait dans ces pensées le poulain qui avait pleuré quand sa corne avait craquelé. Ce pauvre bébé avec sa famille n'avait plus de maison à cause d'elle. Elle ne pouvait pas s'arrêter de réfléchir aux conséquences.

Fizzlepop vit un autre poney du village arriver dans le reflet de son miroir. Elle se précipite hors de vue et entra directement dans le seul cabinet de libre et y verrouilla la porte. Ce croyant en sécurité, elle respira de nouveau de soulagement. Mais pas de chance, ce poney venait par là. Il voyait tous les cabinets verrouillés sur occupé. Elle frappa alors à une porte au hasard, et tomba comme par hasard sur Fizzlepop.

« Il y a quelqu'un qui peut se dépêcher, s'il vous plait ? Mon train pour Canterlot va arriver dans cinq minutes ! » cria-t-il

Fizzlepop réalisa encore une autre conséquence... si elle ne lui cédait pas la place, celui-ci devrait soit manquer son train, soit se retenir pendant tout le trajet...

« Hé ho ? » attendait le poney.

Fizzlepop ne savait pas quoi faire. À la base, c'était un être paisible et généreux. C'était ce qui restait encore de son enfance... Elle décida alors de lui ouvrir la porte, mais avant qu'elle ne puisse la déverrouiller, une chasse d'eau fut entendue, suivie d'un déblocage de porte. Fizzlepop se remit à respirer de soulagement et laissa son verrouillage de sa porte de toilette.

« Vous pouvez prendre celle-ci, si vous voulez. J'ai fini », dit un autre poney qui sortait de ces besoins personnels.

« Merci beaucoup, monsieur », répondit le poney du village se précipitant au petit coin.

Dès que Fizzlepop entendit le verrouillage de la porte de ce même poney, elle tira la chasse d'eau dans le vide et sortit de son cabinet, vérifiant qu'il n'y avait personne qui pourrait la reconnaitre. Mais curieusement, elle se sentait encore observée quand elle arriva à nouveau dans la grande salle de la gare. Elle alla voir un membre du personnel du lieu afin de se renseigner.

Un employé la renseigna naturellement : « Alors vous avez un train au quai deux qui va arriver. Il part vers Las Pégase, vous le prenez et vous ferez correspondance une heure à Ponyville.

— Merci monsieur... dit elle en partant...

—  Un plaisir, jeune dame. »

Fizzlepop était obligée d'être un passager clandestin. Elle n'avait pas d'argent. Mais ne pas offrir en retour était bien plus son fort. Elle attendit tranquillement sur le quai deux. Elle avait reconnu beaucoup de poney de son village. Mais elle ignorait où ils allaient et pourquoi. Elle se cacha dans les cargaisons dans un wagon sombre, entre des caisses en bois.

Arrivée à Ponyville, en attendant le prochain train, Fizzlepop parcourut tranquillement la ville bordée de construction et de chantier de tous les côtés. Cette fois, elle était tranquille, aucun poney de cette petite ville ne la connaissait. Elle avait mêmes aperçu une jument de son âge à la couleur orange et quelque taches blanche sur les joues, qui la regardait de travers, telle une étrangère, elle avait peut-être peur.

Une heure plus tard, le train arriva enfin. Cette fois-ci, celui-ci n'avait que des wagons de passagers. Fizzlepop ne pouvait que se cacher en-dessous en s'accrochant là où les mécanismes seraient inanimés. Le trajet était moins long que celui de Rainbow Fall, mais entre chaque arrêt c'étaient les bruits horribles des freins qui grinçaient que devait supporter Fizzlepop des deux côtés. Elle avait même vu un troupeau de bisons courir près du train pendant un moment. Plus tard, lorsque le train cheminait les canyons, il s'arrêta d'un coup, au milieu de rien. Fizzlepop se laissa tomber sur les rails pour voir ce qui se passait. Elle vit à traverse les roues un berger et des moutons qui traversaient la voie. C'était l'occasion ou jamais de quitter Equestria sans laisser de traces. Les moutons partirent vers le nord; le train reprit plus tard sa route et Fizzlepop le laissa partir. Elle se releva des rails en regardant le train partir, loin devant. Maintenant, il était trop tard pour faire demi-tour. Elle entendit une nouvelle fois le cri d'un phénix derrière elle. Elle se retourna et dit...

« Quoi ? Encore toi ? » Plume l’avait en fin de compte suivie jusqu’ici. « J'ai t'ai dit de ne pas me retrouver. Ni de me suivre. Il n’y a rien que tu pourras faire pour m'aider davantage... » Le phénix n’était pas d’accord et resta calme en écoutant et regardant Fizzlepop. « Écoute, ce n'est pas parce que je t’ai sauvé que tu me dois la vie. Tu en as déjà fait autant pour moi. » Ils se regardèrent dans les yeux pendant un moment. Fizzlepop avait l'impression qu'elle pouvait regarder dans les yeux de n'importe qui sans craindre un message qui y passerait, qu'il soit bienveillant ou menaçant. C'était comme un don que le phénix lui accordait. Mais est-ce ce que c'était vraiment ça ? Ou est-ce qu'il la regardait, tout simplement ? Impossible de savoir. « Je ne veux pas que tu me suives, je veux être seule. Et seule, c’est seulement toute seule. Et je n’ai pas l’intention de faire machine arrière. Je ne reviendrai pas à Equestria. » Le phénix continua à la regarder, Fizzlepop aurait bien aimé savoir tout de même ce que Plume essayeait de lui faire comprendre. « Je vais me débrouiller toute seule. Crois-moi, ça ira. » Plume détourna un coup son regard, avant de la regarder à nouveaux.

« Au revoir, Plume. Mon dernier ami. » Elle se retourna en direction du sud et marcha à un rythme plutôt discipliné, sans se retourner. Elle avait des larmes qui grandissent dans ses yeux. Elle voulait cacher sa tristesse. Voulant à tout prix changer ses plans et à la fois et rester fidèle à l'idée de quitter Equestria, pour la sécurité de tous contre elle-même. Quant au phénix, il voulait peut-être lui dire au revoir et bonne chance. Le phénix reste là, à la regarder partir. Il ne bougeait pas, comme si la frontière était les rails, et que de l’autre côté de cette route, c'était était l’inconnu.

À la sortie du canyon, l'entrée du désert était là, en bas des falaises. Il n'avait pas le moindre nuage dans le ciel, seulement le soleil. Enfin, elle ne se sentait plus observée. Elle sauta dans le désert et avança tout simplement. Les heures passaient. Fizzlepop avait soif et faim. Elle ne voulait que se ressourcer. Le vent imprévisible la défiait de rebrousser chemin, mais elle continua d’avancer; telle une guerrière à l’esprit combatif. C’était sans doute sa dernière fierté. Elle arriva en haut d'une dune de sable, où elle pouvait voir l'horizon. Il n'y avait rien. Le dessin représentait des vagues dorées avec un fond bleu sans fin au-dessus. C'est alors qu'au premier pas pour avancer, elle tomba et roula dans le sable; jusqu'au creux de la dune. Elle s'était évanouie de fatigue, de faim et de soif. Depuis la grotte, ça ne s'arrêtait pas.

Dans son rêve inconscient, elle vit dans un lever de soleil un phénix arc-en-ciel voler le long des chutes d’eau avec un poisson dans les griffes. Mais rien de tout cela ne lui était familier.

Licence Creative Commons Ces œuvres sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.