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Chapitre 3 : Une déclaration et une nouvelle arrivée en ville

Le bruit de la naissance ce matin d’un poney avec une corne, s’était répandu comme une traînée de poudre dans toute la ville, et avait finalement atteint les oreilles des membres du Sénat. Ces derniers avaient aussitôt demandé une réunion d’urgence de l’assemblée dans l’après-midi, afin d’avoir des éclaircissements sur cette affaire hors du commun.

 

La salle des débats, prévu à cet effet, se trouvait au centre d’un bâtiment de pierre en forme de dôme. Elle consistait en un ensemble de rangées de fauteuils, pour un total de quatre-vingt sièges, formant un cercle. Au milieu se trouvait une table ronde avec des sièges autour, une carafe d’eau et des verres posés dessus, ainsi qu’une clochette. L’accès à cette salle se faisait par des couloirs situés derrière les rangs de fauteuils, tandis qu’au-dessus de ces derniers se trouvait un balcon destiné au public avec le même système d’entrée.

 

En entrant, les minotaures sénateurs, tous parés de vêtements de soie, s’assirent chacun à la place qu’ils avaient l’habitude de prendre depuis leur élection, parlant du sujet de leur réunion et attendant l’arrivée de la personne destinataire de leurs questions.

 

Après avoir constaté que presque tous étaient présents, le Chancelier Kalt prit une profonde inspiration et entra à son tour dans la salle. Marchant l’air aussi neutre que possible, il se dirigeait vers la table, sous le regard pressé des autres personnes présentes qui avaient de suite cessé leurs discussions.

 

Une fois arrivé à destination, il fit un tour de tête, observant les personnes présentes, avant de prendre une nouvelle inspiration.

 

‘‘Messieurs les sénateurs,’’ Commença-t-il en prenant une voix forte, ‘‘Vous avez demandé cette réunion extraordinaire suite à une rumeur sur un événement ayant eu lieu au marché ce matin même. Il serait question qu’une jument, aurait donné naissance à un poulain possédant une corne. Je viens donc ici pour vous confirmer ces faits et aussi pour…’’

 

‘‘Vous avez ordonné qu’on l’abatte je présume, Monsieur le Chancelier Sans-cœur ?! Comme vos prédécesseurs quand ce genre d’événement extrêmement rare se produit !’’ lança un jeune sénateur visiblement remonté en se levant de son siège. ‘‘Et tant qu’à faire, vous avez sans doute aussi ordonné l’abattage de tout le groupe de poney, qui a été emporté on ne sait où !’’

 

‘‘Vous présumez bien, Monsieur Green.’’ répondit de suite le Chancelier en se tournant vers le minotaure.  ‘‘Voyez-vous, je ne tiens pas à ce que notre pays et notre peuple ne subissent les conséquences de décisions prises sur de basses considérations morales. Si la naissance de ce poulain n’est sans doute que le fait d’une expression des gènes de ses ancêtres, et donc un pur hasard, je ne tiens pas à ce que cela soit le point de départ d'une reconstitution de tout un peuple de licornes, qui un jour se retournera contre nous. J’ai donc, dans l’intérêt général, pris les décisions qui s’imposaient.’’

 

‘‘Et pourquoi ne pas commencer par modifier nos comportements à leur égard, non vous n’y avez pas pensé ?’’ demanda un autre sénateur, assez âgé et assis à un rang en dessous de son collègue.

 

‘‘Je suis conscient que mes actes peuvent heurter votre conscience, sénateur Protective. Mais sachez que je mettrai tout en œuvre pour assurer la sécurité de Minotauria, comme nos ancêtres l’ont fait avant nous. Bien sûr, nous pourrions faire comme vous Monsieur Green, et avoir chacun son petit haras de poneys vivant en toute liberté en campagne, en plus de ceux vivant dans la nature. Par la suite, on pourrait les laisser donner naissance à des pégases et des licornes. De même, on pourrait les éduquer comme on le fait à nos enfants avec des cours d’écoles, et faire en sorte qu’ils retrouvent la parole et apprennent à réutiliser la magie et leurs ailes.’’ Exposa le Chancelier en direction des deux sénateurs, avant de prendre un air sombre et une voix menaçante. ‘‘Mais que ferez-vous quand ces nouveaux poneys auront pris conscience de ce que nous avons fait subir à leurs parents, et à leurs ancêtres ? Quelle sera leur réaction en comprenant que les ruines dans les forêts étaient autrefois leurs maisons, que cette terre sur laquelle nous vivons était autrefois la leur ? Vous croyez peut-être qu’ils ne voudront pas obtenir réparation, voire se venger pour certains ? Il nous a fallu au total pas moins de cinq ans, avec l’aide de nos alliés, pour venir à bout des poneys d’antan. Vous vous voyez combattre durant cinq ans sans voir vos proches, à moins qu’ils ne soient décimés par les poneys d’ici là. Vous tous, vous voyez vous avec vos enfants à vos côtés, en train de contempler nos villes en feu ? Vous voyez Minotaurville, cette cité si prospère construite sur plus d’un siècle, devenir un champ de bataille ?! Moi non ! Je me refuse de laisser notre pays subir un tel sort, et c’est la raison pour laquelle je mets tout en œuvre pour éviter que cela n’arrive. Et c’est ce que je continuerais à faire, même au-delà du mandat que le peuple m’a confié, jusqu’à mon dernier souffle ! Pour les minotaures et pour Minotauria !’’

           

A la fin de son élocution, d’où il sortit en sueur, l’obligeant à s'asseoir et à boire un verre d’eau, le Chancelier eu droit à un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations. Ces derniers provenant de la plupart des personnes présentes dans la salle, à l’exception de quelques-uns dont les deux sénateurs qui regardaient d’un air réprobateur ce spectacle.

 

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Pendant ce temps, à l’une des entrées de la ville, surveillée par deux gardes et par laquelle entraient et sortaient des voyageurs et des marchands, faisant tirer leur chariot par des poneys, un minotaure de couleur bleu clair et avec des yeux jaunes pénétra à son tour. Recouvert d’une cape comme manteau, il était accompagné de deux chèvres qui étrangement portaient des cravates.

 

Ils passèrent alors à proximité d’un dignitaire qui, assit à une table, notait les passages à travers la porte, et tamponnait les carnets d’identité des marchands.

 

‘‘Nous disons donc, un chariot contenant cinq caisses de pommes, deux d’avoines et quatre avec des sacs de farine. C’est bon vous pouvez y aller, et bienvenue à Minotaurville.’’ déclara celui-ci en s’adressant à un marchand tout en lui rendant son carnet après l'avoir tamponné, lui permettant de reprendre sa route. ‘‘Hé ! Vous là, une minute.’’ lança-t-il en se dirigeant vers le nouveau venu qui se retourna, surpris comme ses chèvres. ‘‘Je dois enregistrer votre cargaison si vous compter la vendre en ville, ainsi que… mais qu’est ce que ?!’’

 

Avant qu’il ne puisse finir sa phrase, l’une des chèvres, de couleur blanche, s’était approchée de lui et semblait vouloir goûter à l’habit du dignitaire, avant d’être rapidement tirée en arrière par le minotaure l’accompagnant.

 

‘‘Humpf !  Vous devriez faire plus attention à vos bêtes, elles vont provoquer un accident un jour.’’ Lui lança le dignitaire en regardant d’un air colérique la chèvre, qui se trouvait derrière le minotaure avec sa congénère de couleur gris foncé.

 

‘‘Pardonnez-moi Monsieur, mais ce ne sont pas des marchandises, elles sont mes associées.’’ répondit de suite l’étranger, qui visiblement n’appréciait pas la manière dont étaient traités ses deux compagnons.

 

‘‘Vos quoi ?! Pfffff… Ah Ah Ah ! Elle est bien bonne celle-là !’’ enchaîna son interlocuteur sans pouvoir s’empêcher de rire devant ce personnage particulier, avant d’aller se rasseoir à sa table. ‘‘Bien, on va donc dire un humoriste ambulant, accompagné de deux chèvres pour son spectacle.’’ déclara-t-il par la suite en écrivant sur son registre.

 

Face à ce qu’il considérait comme une insulte à son égard et à ses associées, le minotaure s’avança, d’un pas décidé, pour se retrouver en face du dignitaire qui gardait un sourire moqueur.

 

‘‘Comme le disait si bien mon grand ancêtre…’’ Commença-t-il à prononcer d’une petite voix mais suffisamment forte pour que la personne en face de lui l’entende et l’observe d’un air interrogateur. ‘‘Qui me rit au visage… subira ma rage !’’ Puis sans crier gare, le minotaure souleva en un éclair la table, faisant immédiatement tomber en arrière le dignitaire.

 

Avant qu’il ne comprenne ce qu’il s’était passé, ce dernier se retrouvait dans une flaque d’eau boueuse située derrière lui, sous le regard amusé des deux chèvres, dont l’une lui tira la langue.

 

De suite après, les deux gardes en poste à l’entrée se positionnèrent en pointant leur lance derrière l’étranger. Celui-ci se retourna et retira son manteau, dévoilant une montagne de muscles qu’il contracta.

 

‘‘Allez venez les jeunes, rien de tel qu’un petit exercice physique pour garder la forme.’’ leur lança-t-il d'une voix amusée.

 

Cette démonstration de force eut un effet immédiat sur les gardes, qui reculèrent inconsciemment de quelques pas, tandis que les passants préféraient s’écarter.

 

‘‘C’est bon, laissez tomber soldats.’’ Leur adressa le dignitaire qui s’était relevé, retirant la boue sur ses vêtements. ‘‘Vous avez mieux à faire que de vous occuper de cet étranger. Et d’ailleurs je suppose que vous avez un nom ?’’ Demanda-t-il en se tournant vers la personne en question qui, après avoir remis son manteau, venait de reprendre sa route.

 

‘‘Je me nomme Steel Will.’’ Répondit ce dernier en tournant la tête, pour regarder droit dans les yeux son interlocuteur recouvert de boue sur le dos. ‘‘Descendant et héritier spirituel de mon grand ancêtre Iron Will.’’ Ajouta-t-il fièrement avant de reprendre sa marche, accompagné de ses deux chèvres.

Note de l'auteur

Ca n'aurait quand même pas été correct de faire une fiction avec des minotaures, sans y placer, même indirectement, le seul minotaure qu'on a vu dans toute la série MLP :) 

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